L’invité de cet épisode du Fauteuil, le leader antifa et député Raphaël Arnault, pourrait faire figure d’icône : celle du renouveau politique d’une jeunesse décidée à se donner les moyens du refus de la fascisation accélérée, celle d’un mouvement, LFI, ouvert à une radicalité maîtrisée, grâce auquel ont été portés à l’Assemblée nationale des profils sociologiques d’ordinaire exclus du monde de la représentation politique. Tous ces traits, Raphaël Arnault les assume pleinement, mais il rejette en revanche une logique de starisation tout à fait incompatible avec sa culture et ses engagements politiques, qui n’ont pas varié depuis son élection comme député du Vaucluse en 2024. Son itinéraire est retracé dans un livre qui paraîtra début octobre aux éditions La Dispute, intitulé tout simplement Antifasciste (avec une préface du sociologue Ugo Palheta).
Dans cette conversation avec Julien Théry, Raphaël Arnault revient sur l’ensemble de son parcours, depuis les début de sa politisation, alors qu’il était encore lycéen, jusqu’au choix de faire le jeu de la politique parlementaire en se présentant aux élections législatives d’abord à Lyon en 2022, sans étiquette, puis en 2024, à Avignon, comme candidat de LFI. Issu d’une famille de la classe moyenne, politisée à gauche mais pas militante, il est porté à l’engagement par sa « détestation viscérale de l’injustice et des rapports de domination ». Formé d’abord par le groupe trotskyste L’Etincelle, il le quitte rapidement, après avoir constaté l’expérience douloureuse d’une camarade qui portait le châle musulman, pour rejoindre le NPA. Mais l’originalité de son engagement tient surtout aux choix, avec ses camarades, de renouer avec la tradition centenaire de l’autodéfense au sens du mouvement ouvrier en explorant les nouvelles formes possibles et nécessaires de l’antifascisme.
Le contexte lyonnais, marqué par…
Auteur: Le Média
