C’est un moment de vérité parlementaire aux allures de quitte ou double. Après six mois d’auditions et de polémiques, les députés s’apprêtent à trancher, à huis clos, le sort du rapport sur la commission d’enquête sur l’audiovisuel public qui pourrait ne jamais exister aux yeux du public. Réunis ce lundi à partir de 14 h 30 au Palais Bourbon, les 30 membres de la commission d’enquête doivent se prononcer sur l’adoption du rapport rédigé par le député UDR, Charles Alloncle, après 6 mois de travaux. Une majorité est requise pour qu’il soit publié exactement une semaine plus tard. L’exercice, en apparence technique, est en réalité hautement politique. Car un rejet aurait des conséquences radicales : le rapport serait purement et simplement enterré. Concrètement, aucune publication, aucun débat public ne seraient possibles. Les travaux, auditions et documents collectés resteraient confidentiels, archivés, et juridiquement inaccessibles. Si un tel scénario demeure rare, il n’est pas inédit, deux commissions ont vu leur rapport rejeté, en 2011 et en 2015. Mais dans le contexte actuel, marqué par de fortes tensions, l’issue du vote reste incertaine.
Une commission d’enquête devenue feuilleton politique
Lancée en 2025 à l’initiative du groupe Union des droites pour la République (UDR), la commission d’enquête devait initialement examiner « la neutralité, le fonctionnement et le financement » de l’audiovisuel…
Auteur: Emma Bador-Fritche

