L’administration américaine tente depuis plusieurs semaines de convaincre l’Arabie saoudite et Israël d’établir des relations diplomatiques.
Washington avait pourtant, dernièrement, concentré ses efforts avant tout sur la compétition stratégique face à la Chine en Indo-Pacifique et la confrontation avec la Russie en Ukraine, au point de négliger quelque peu le Moyen-Orient. Or à présent, cette région occupe de nouveau l’agenda diplomatique.
Deux considérations géopolitiques président à la volonté américaine de parvenir à un deal entre Riyad et Tel-Aviv : cette configuration permettrait, d’une part, de neutraliser les effets de l’accord temporaire en cours de négociation entre les États-Unis et l’Iran ; et, de l’autre, de freiner l’essor de la coopération entre l’Arabie saoudite et la Chine.
Toutefois, ce projet rencontre plusieurs obstacles majeurs.
La crainte d’un accord provisoire qui renforcerait l’influence de l’Iran
Face à l’impasse dans laquelle se trouvent les discussions visant à ressusciter le JCPOA (l’accord sur le nucléaire iranien, dont les États-Unis se sont retirés sous Donald Trump, en 2018), l’objectif américain est d’atteindre avec l’Iran un accord temporaire qui porterait sur le gel provisoire des activités d’enrichissement d’uranium en contrepartie du déblocage des fonds iraniens à l’étranger. Cet accord s’est déjà matérialisé par la libération de cinq prisonniers américains qui ont regagné les États-Unis le 19 septembre dernier. Un échange qui fait suite au déblocage et au transfert de 6 milliards de dollars de fonds iraniens détenus en Corée du Sud
Un tel compromis attise les craintes à la fois d’Israël et de l’Arabie saoudite. Tous deux redoutent que l’Iran puisse profiter de ces ressources financières pour renforcer ses activités…
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Auteur: Lina Kennouche, Docteur en géopolitique, Université de Lorraine

