Le gouvernement veut réduire les coûts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Fin octobre, les quatre ministres de tutelle de l’agence (Agriculture, Écologie, Santé et Travail) ont adressé une lettre de mission aux inspections générales de leurs ministères respectifs (CGAAER, IGEDD et Igas), selon des informations du média Contexte.
« Dans un contexte de budget contraint et d’un besoin de rationalisation des activités de l’agence, la cohérence entre les missions et les moyens humains, financiers et organisationnels est primordiale », y écrivent les ministres. Parmi les pistes envisagées figurent l’automatisation de certaines tâches et le recours à des outils d’intelligence artificielle, y compris pour traiter des données confidentielles.
Les inspections devront également se pencher sur l’évaluation des pesticides. Elles sont chargées d’examiner la procédure d’instruction des demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et les prises de décision, en « identifiant les goulots d’étranglement » susceptibles d’entraîner des retards. Le gouvernement souhaite aussi étudier le coût de traitement de chaque demande.
Une agence déjà sous pression
Les ministres attendent les conclusions de ce travail pour fin février 2027. Cette mission intervient alors que le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une baisse de 5 millions d’euros de la subvention de l’État à l’Anses, compensée par une forte hausse de la taxe sur les autorisations de mise sur le marché payée par les industriels.
Plus largement, l’agence, qui compte 1 400 agents et agentes, est depuis plusieurs années au cœur d’une offensive politique contre les organismes chargés de mettre en œuvre les politiques environnementales. En juillet 2025, un décret d’application de la loi Duplomb a remis en cause son indépendance en imposant à son directeur de « tenir compte » d’un arrêté du…
Auteur: La rédaction de Reporterre
