Dirigeants africains, bailleurs de fonds internationaux et responsables d’agences onusiennes se sont retrouvés à Paris pour tenter d’enrayer la spirale de la violence et de la faim qui dévaste les Grands Lacs. L’objectif de cette conférence, co-organisée par la France et le Togo : réunir plusieurs centaines de millions d’euros pour répondre à une crise humanitaire qui s’aggrave, alors même que l’aide internationale s’essouffle, en particulier celle des États-Unis.
Dans un message diffusé à cette occasion, António Guterres a replacé la crise dans la longue durée : « Depuis trois décennies, le peuple de la République démocratique du Congo endure un cycle sans fin de violence, de déplacement et de souffrance. Aujourd’hui, la situation humanitaire est l’une des plus graves au monde ».
Un pays déchiré par l’offensive du M23
L’avertissement du Secrétaire général de l’ONU intervient alors que l’est de la RDC subit depuis le début de l’année une offensive majeure du Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé de défense des intérêts de la minorité tutsie congolaise. Les rebelles, soutenus, selon l’ONU, par l’armée rwandaise, ont conquis de larges portions de territoire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, y compris Goma et de Bukavu, les principales villes des deux provinces.
Les affrontements ont provoqué de nouveaux déplacements massifs, coupé les axes commerciaux et jeté des centaines de milliers de personnes sur les routes. « Rien que cette année, les violences armées ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés. Plus de 21 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, 5,7 millions sont déplacées et plus de 27 millions souffrent d’insécurité alimentaire », a rappelé M. Guterres.
Dans les zones de combat, les services essentiels s’effondrent : écoles, hôpitaux, réseaux d’eau et d’assainissement. Le choléra revient, les violences sexuelles se multiplient, et…
Auteur: Nations Unies FR

