C’est le constat implacable dressé, mardi à New York, par Bintou Keïta, cheffe de la MONUSCO, la mission de paix de l’ONU déployée dans le pays. « La paix en République démocratique du Congo demeure encore largement une promesse », a-t-elle résumé devant le Conseil de sécurité, dénonçant « l’écart persistant » entre les annonces diplomatiques et la réalité sur le terrain.
Un conflit enraciné dans l’Est riche en minerais
La RDC, géant d’Afrique centrale, recèle certaines des plus grandes réserves mondiales de cobalt, d’or et de coltan. Cette richesse est aussi une malédiction : elle attise depuis des décennies la convoitise de groupes armés et de puissances voisines, dont le Rwanda, accusé de soutenir militairement le Mouvement du 23 mars (M23).
Formé à l’origine de combattants tutsi congolais, le M23 est actif dans la région depuis plusieurs années. Depuis le mois de janvier, à la faveur d’une offensive éclair, le groupe rebelle a conquis de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Goma et Bukavu, les deux principales villes de l’est du pays. Au sein de la coalition politico-militaire de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), il a mis en place sur les territoires sous son contrôle une administration parallèle, remplaçant l’État congolais.
Washington et Doha, des négociations inabouties
Sur le front diplomatique, un accord avait été signé en juin à Washington entre la RDC et le Rwanda, sous l’égide des États-Unis et du Qatar, afin d’amorcer une désescalade.
À Doha, des discussions distinctes ont abouti en juillet à une déclaration de principe entre Kinshasa, la capitale congolaise, et le M23. Mais sept mois après l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution exigeant le retrait du M23 de Goma et Bukavu, « les dispositions essentielles demeurent largement inappliquées », a déploré Mme Keïta.
Multiplication des groupes armés
Le M23 n’est qu’une partie du problème….
Auteur: Nations Unies FR

