Depuis le début de l’année, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) vit une nouvelle escalade de violence. Le M23, groupe armé soutenu par le Rwanda, a lancé une offensive fulgurante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où il s’est emparé des grandes métropoles de Goma et Bukavu.
C’est dans ce contexte que la RDC et le Rwanda ont signé, à Washington, un accord de paix parrainé par les États-Unis et le Qatar. Coïncidence du calendrier, le Conseil de sécurité s’est réuni ce même jour pour faire le point sur la situation. La Représentante spéciale de l’ONU en RDC, Bintou Keïta, a salué ce texte comme « une avancée significative vers la fin du conflit », tout en appelant à préserver la cohésion nationale par « un climat de tolérance » et un dialogue inclusif.
Prenant la parole pour l’avant-dernière fois devant le Conseil avant la fin de son mandat, Mme Keïta a toutefois dressé un tableau sombre de la situation sur le terrain : violences sexuelles utilisées comme armes de guerre, plus de 290 écoles détruites, 28 millions de personnes en insécurité alimentaire et 7 millions de déplacés internes. « Nous sommes à la fin juin, et le plan de réponse humanitaire n’est financé qu’à 11 % », a-t-elle alerté, appelant la communauté internationale à combler « un vide fatal ».
Un accord accueilli avec scepticisme à Kinshasa
La délégation congolaise, tout en saluant la médiation américaine et la signature de l’accord, a affiché une prudence teintée d’exaspération. Le chargé d’affaires Hippolyte Mfulu a dénoncé « la poursuite de l’agression rwandaise » sur le terrain et « les massacres des populations civiles, les viols des femmes et des jeunes filles, les recrutements forcés », commis selon lui par la coalition formée par l’armée rwandaise, le M23 et leur partenaire politique, l’Alliance Fleuve Congo (AFC). « Le Rwanda vient de signer (…) un accord dans…
Auteur: Nations Unies FR

