Ainsi, Vincent Bolloré, qui s’apprête à prendre le contrôle du Journal du dimanche (JDD), a décidé d’en faire, après CNews et Europe 1, son nouvel organe du racisme zemmourien, en nommant à sa tête Geoffroy Lejeune, connu pour avoir fait condamner son ancien journal, Valeurs actuelles, pour « injure raciale ». Milliardaire catholique intégriste, Bolloré poursuit son offensive médiatico-financière, idéologique et culturelle en faveur d’une ligne réactionnaire, xénophobe et, bien sûr, néolibérale – sachant où sont ses intérêts de patron. Lejeune va-t-il, malgré la grève de 98 % des personnels du JDD depuis plus de deux semaines, devenir le servile idiot utile de ce chef d’entreprise qui défriche les forêts en Afrique, y accapare les services publics de transports (comme au Cameroun) et s’emploie à créer un groupe médiatique de droite extrême, avec la mise en avant des « lumières » 2.0, à l’instar des Cyril Hanouna et autre Christine Kelly ?
Comme dans toutes les guerres, des victoires succèdent aux défaites. Durant toute l’après-Seconde Guerre mondiale, plus encore au cours des années 1960 et 1970, la « bataille culturelle », théorisée par Antonio Gramsci (1), était largement dominée par la gauche, marxiste ou non. Ce long combat intellectuel, qui voit un courant de pensée devenir largement dominant dans l’opinion et les débats intellectuels, même au-delà des seules frontières nationales, fut jusque dans les années 1980 remporté par le camp progressiste.
Mais les nostalgiques des totalitarismes d’extrême droite des années 1930, soutenant leurs héritiers franquistes, salazaristes ou les colonels en Grèce, sans oublier les dictatures d’Amérique latine, se réapproprièrent vite le combat culturel. À l’instar du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece), qui relevait d’un…
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Auteur: Olivier Doubre

