Allinges (Haute-Savoie), reportage
Le chemin pour accéder au champ est devenu un petit torrent. Une fois passée la barricade de bric et de broc où se mêlent slogans politiques et dessins du Porco Rosso de Hayao Miyazaki, la « Chab’zad », comme elle est surnommée, s’étend sur un terrain de plusieurs niveaux, tous gorgés d’eau.
Les zadistes — une petite vingtaine le jour de notre reportage — ont placé de la paille sur le chemin principal pour accéder au camp, en contrebas, pour éviter qu’il ne devienne une coulée de boue. « Quand on nous a annoncé qu’il allait pleuvoir une ou deux semaines, on s’est dit qu’on était dans la merde », rigole Arthur (un pseudo), la vingtaine. Mais les occupants de ce terrain agricole situé sur la petite commune d’Allinges, dans le Chablais savoyard, peuvent se réfugier au chaud dans des habitations construites par l’ancien propriétaire du terrain. Celui-ci est un opposant historique au projet d’autoroute de l’A412, qui avait acheté le terrain pour bloquer les travaux.
Depuis mi-novembre 2025, des militantes et militants occupent le terrain pour protester contre l’A412, route qui doit traverser douze communes, plusieurs bois et zones humides où vivent, entre autres, des castors. Cette autoroute de 16,5 km, pensée dès les années 1980, doit relier Thonon-les-Bains et Machilly, dans l’agglomération du Grand Genève. Le but : « désenclaver » le territoire et ainsi atteindre plus rapidement Annemasse et Genève, en Suisse, assure le concessionnaire Amedea (Eiffage-APRR).
Grenouilles et chauves-souris
« Eiffage mobilisera ses savoir-faire en matière d’aménagement responsable du territoire pour mettre en œuvre une intégration écologique du projet ambitieuse », peut-on lire sur son site. Qui évoque une véloroute et des parkings pour faciliter le covoiturage.
Ses opposants, eux, évoquent pêle-mêle une autoroute chère (le prix du péage sera à…
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