Face à l’urgence climatique, les techniques d’élimination du CO₂ dissous dans l’océan suscitent espoirs autant qu’inquiétudes. Comment procéder ? Quelles règles se donner ? Qui doit décider ? Les éclairages du biogéochimiste Olivier Sulpis, chargé d’évaluer ces méthodes.
Vous avez copiloté pendant 16 mois le travail de 12 experts européens afin d’établir les standards nécessaires avant de déployer des techniques d’élimination du CO2 océanique. À l’occasion de la COP30, ces travaux viennent d’être publiés par l’European Marine Board (EMB). Pourquoi s’intéresser à l’océan pour éliminer du CO2 ?
Olivier Sulpis L’océan occupe plus des deux tiers de la surface de la planète et absorbe déjà près d’un quart de nos émissions annuelles de CO2. Plusieurs documents du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) indiquent que la probabilité de maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C d’ici à la fin du siècle est très faible, même en cas de réduction drastique des émissions. Pour y parvenir, il faudra activement retirer du CO2 de l’atmosphère. Dans ce contexte, il est régulièrement proposé de se servir de l’océan comme levier pour retirer le CO2 de l’atmosphère, soit en augmentant l’efficacité de processus naturels, soit en mettant en œuvre de nouvelles méthodes privilégiant des approches technologiques.
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