Récit d'audience : CI du lundi 19 octobre post samedi 17

L’ambiance est morne, parce qu’un tribunal c’est toujours morne, mais y’a du monde devant le tribunal, la salle est remplie à craquer (à part un banc de vieilles bourges sous brushing qui ont pas l’air de vouloir se serrer sur le même banc que les gueux que nous sommes). Dans le hall y’a la queue pour rentrer, et dehors sous la pluie y’a dix camions de CRS qui viennent protéger leur machine à thunes en dommages et intérêts ; parce que faudrait pas qu’il y ait trop de gens dans un tribunal, ça risquerait de se voir que c’est une mascarade.

Ce jour-là la composition du trib est pas top, pas la pire possible mais vraiment pas la meilleure non plus. La procureure a l’air sévère et les lèvres pincées des gens qui jubilent d’avoir un peu d’autorité sur des personnes sans défense : elle a l’air sadique et elle fout la gerbe. Le président de séance (juge), lui, il sussure dans son micro comme s’il voulait pas que la salle entende ce qu’il raconte, il a des rictus réguliers et s’il fait des efforts pour cacher son dédain, il les cache très bien. Y’a 6 comparutions immédiates en lien avec des actions militantes, 5 pour d’autres trucs. Si on sait pas dès le début que le jeu est truqué et que cette salve de procès s’annonce mal, on va très vite le découvrir.

Pour la première affaire, lea prévenu-e, après avoir passé 48h de GAV et dormi une nuit à Seysse, est jugé-e pour violences sur PDAP (Personne Dépositaire de l’Antipathie Autorité Publique) et rébellion pendant la manif du 17 octobre. Les keufs se portent partie civile (c’est-à-dire réclament de la thune) parce qu’ils « ont des égratignures au visage », sûrement à force de mettre et retirer leur casque. Comme d’hab, les keufs ont pas de certificat d’ITT et se pointent pas à la compa, ça doit être plus facile pour la conscience de pas venir en personne demander 700 balles de dédommagements pour un mensonge à quelqu’un-e qui…

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Auteur: IAATA