On va assister à des comparutions immédiates, ce sont des procédures de justice expéditive, qui jugées à chaud, ne laissent ni le temps de construire une défense solide et collective, ni aux juges le temps de prendre du recul et relativiser les faits. Statistiquement on prend plus cher quand on accepte ce genre de procédures. Dans les faits, on a le droit de demander un délai pour être jugé.e plus tard, c’est d’ailleurs la première chose que demande lae juge. Ce vendredi, sur les 4 CI qu’on observe, 2 personnes demanderont un délai, et 2 accepteront d’être jugés de suite.
Y a pas beaucoup d’affaires ce jour là, et sur les 4 procès, 3 concernent des gens chopés le 10 septembre. Lundi il y a beaucoup plus d’affaires, mais une seule concerne une personne interpel le 10. On va essayer de vous raconter ça, on a anonymisé un max en laissant simplement les détails qui rappellent à quel point la justice est raciste et classiste.
Dans le tribunal nous font face 3 juges, des mecs cis blancs, à leur gauche une procureure, blanche, la trentaine, et à leur droite une huissière.
1ère audience
La première affaire est celle de M, il arrive des geôles du tribunal, il est sur la droite des juges, coincé par une baie vitrée, encadré par des keufs. M est jeune, à peine 19 ans, racisé, et l’air fatigué. Il parle distinctement et calmement. Il est poursuivi pour participation avec arme à un attroupement le 10 sept et transport sans motif légitime et interdit par arrêté de substance incendiaire. En gros, il avait un mortier sur lui, qu’il a voulu cacher aux keufs quand ils l’ont contrôlé à la fin de la manif. Il s’est fait arrêté avec K, un pote à lui qui passera par la suite en CI.
Après un coup d’œil à son avocate, il accepte d’être jugé immédiatement.
Le juge lui demande de raconter les faits et il déroule l’histoire :
Il a été coincé avec K, contre des rangées de keufs alors qu’ils passaient à…
Auteur: IAATA
