Alors que les records de température continuent d’être régulièrement battus à la surface du globe, l’automne 2023 pourrait être le plus chaud jamais enregistré. Parmi leurs multiples conséquences, ces tristes exploits ne seront pas sans répercussions sur les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest : les nombreuses sécheresses qui frappent la zone sont en partie provoquées par le phénomène El Niño, lié au réchauffement de l’océan Pacifique.
Pour les agriculteurs de cette région, l’adaptation au changement climatique n’est pas une perspective lointaine, mais bien une urgence réelle. Au même titre d’ailleurs que l’indispensable augmentation de la production agricole pour garantir la sécurité alimentaire d’une population qui croît.
Pour encourager cette adaptation, certaines pratiques agroécologiques, ancestrales dans la zone, sont ainsi remises au goût du jour : en particulier, le fait d’associer le niébé – une plante de la famille des légumineuses – au mil, céréale consommée dans la région.
Une récente étude menée par notre équipe et publiée en juillet 2023 montre que ce serait une piste prometteuse pour rendre les terres plus productives que lorsque la céréale et la légumineuse sont cultivées séparément. Et ce d’autant plus quand elles reçoivent également des engrais minéraux.
Mil et niébé, deux cultures complémentaires
Toby Hudson/Wikimedia, CC BY-NC-SA
Pour comprendre, revenons d’abord sur cette pratique ancestrale chez les agriculteurs du centre du Sénégal. S’ils ont longtemps associé niébé et mil, c’est que les deux cultures sont complémentaires : le niébé se développe sous la culture de mil et fixe l’azote de l’air dans ses tissus végétaux grâce à une symbiose avec des bactéries du sol du genre Rhizobium au niveau de ses racines….
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Auteur: Yolande Senghor, Doctorante en agronomie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal), Cirad

