Par une courte majorité —moins de 1% des votes— l’extrême droite a remporté les dernières élections présidentielles et est de retour au pouvoir en Colombie à partir du 7 août 2026. De retour car l’extrême droite a gouverné le pays à trois reprises depuis le début du nouveau millénaire. Cependant la nouvelle saison de ce drame, qui vient de débuter, n’est que partiellement la continuation de deux épisodes précédents. Mais que veut-il dire extrême droite en Colombie ? Où résident sa base électorale, les indignations qu’elle mobilise et les revendications qu’elle prétend incarner ? En quoi cette nouvelle version continue les versions antérieures ? En quoi les devance-t-elle ?
Dans ce pays d’Amérique du Sud, être d’extrême droite n’a pas encore consisté à s’opposer à l’immigration ou à l’ethnopluralisme, ni à brandir un nationalisme outrancier aux traits racistes et xénophobes. En revanche, l’extrême droite nationale, en ce premier quart du XXIe siècle, principalement s’est présenté avant tout comme une opposition radicale à toute négociation de paix avec des acteurs armés et très spécialement avec les guérillas.
Mais pour comprendre la nature de cette opposition farouche, il faut entrer davantage dans les nuances : d’abord, il est nécessaire d’avoir en compte que le conflit armé colombien n’est ni une guerre civile classique (à l’espagnole, par exemple), ni un conflit ethnique ou religieux. Il n’implique pas de larges couches de la population qui serait confrontées à d’autres, ni se sent avec la même intensité partout. Etalée sur un territoire deux fois plus grand que celui de la France métropolitaine, la géographie particulière de la Colombie rend les choses favorables à l’extension de ce conflit dans le temps. La cordillère des Andes s’y divisant en trois chaines de montagnes, la Colombie abrite sur son territoire tout à la fois des neiges…
Auteur: dev

