D’aucuns diront qu’il ne s’agit que d’un symbole, mais il est des symboles qui comptent. En reconnaissant, avec d’autres dirigeants du monde entier, l’État de Palestine, Emmanuel Macron s’apprête à accomplir un geste majeur. À l’heure où la bande de Gaza fait l’objet d’une offensive terrestre de Tsahal, où les habitants de l’enclave sont contraints de fuir ce qu’il restait de leur maison, alors même qu’ils n’ont nulle part où aller, la dynamique lancée par le président de la République doit être saluée.
Reconnaître la Palestine aujourd’hui n’a rien à voir avec un cadeau fait au Hamas, qui est et demeure un mouvement terroriste, à l’origine de l’épouvantable attaque du 7-Octobre. C’est au contraire un rappel, comme l’a redit Léon XIV dimanche, qu’aucun futur ne peut se fonder sur la violence, l’exil et la vengeance.
Il n’y a pas d’autres options que la solution à deux États. Certes, cet objectif, défendu par plusieurs pays, dont la France, mais aussi le Saint-Siège, n’a sans doute jamais paru aussi lointain qu’aujourd’hui. Pourtant, c’est précisément en cette période où l’offensive israélienne n’a plus grand-chose à voir avec une « guerre juste » et le droit légitime de chaque État à se défendre que de nouveaux pays s’apprêtent à reconnaître la Palestine. Imaginer la coexistence de deux États demande un effort à chacun, aux Israéliens comme aux Palestiniens. C’est cette voie exigeante qu’il faut emprunter.
Auteur: Loup Besmond de Senneville
