« C’était un moment nécessaire », estime Jacques Attali. L’ancien conseiller spécial de François Mitterrand rappelle que la reconnaissance d’un Etat de Palestine avait déjà été évoquée il y a plus de quarante ans maintenant par l’ancien président de la République socialiste lors d’un discours devant la Knesset. « On aurait pu le faire plus tôt et on aurait même dû le faire lors des accords d’Oslo [en 1993] », ajoute l’ancien haut fonctionnaire, qui estime que cette reconnaissance de la Palestine « est dans l’intérêt d’Israël » : « Sinon viendra un moment où les Palestiniens renonceront à la solution à deux Etats […] et on en viendra un jour à revendiquer un Etat binational dans lequel les Israéliens perdront leur nation. C’est une reconnaissance implicite d’Israël par des tas de pays qui ne la reconnaissent pas encore. »
« Tout se jouera dans les urnes en Israël »
Pour autant, cette reconnaissance symbolique, qui a le mérite de créer « une irréversibilité relative de la solution à deux Etats », « ne va rien changer sur le terrain » tempère Jacques Attali. « On va reconnaître une fiction, un principe, explique-t-il. Cela peut d’ailleurs avoir des conséquences tragiques si cela entraîne une accélération de la colonisation en Cisjordanie pour rendre impossible tout retour en arrière. »
D’après lui, « tout se joue » aux Etats-Unis et en Israël. « Ce qui va être déterminant…
Auteur: Louis Mollier-Sabet

