Depuis les années 1990, des cliniciens et des chercheurs se battent pour faire reconnaître le trouble de stress post-traumatique complexe comme une entité à part entière. Beaucoup plus courant que le trouble de stress post-traumatique simple, et différent dans ses symptômes, il survient suite à une exposition répétée à des événements violents, comme en cas de violences intrafamiliales ou d’exposition répétée à des situations de guerre. Il peut laisser d’importantes séquelles, en particulier lorsque des enfants en sont victimes.
Catastrophes naturelles, accidents de la route, agressions, attentats… L’exposition à des événements violents, qui menacent l’intégrité personnelle, déclenche un stress intense chez les personnes qui les vivent. Les conséquences des modifications physiologiques qui en résultent s’estompent généralement en quelques jours, mais chez certaines personnes, ce retour à la normale ne se fait pas correctement, et mène au développement d’un trouble de stress post-traumatique.
Au-delà de ces accidents aigus et limités dans le temps, certaines situations de stress répétés – comme les situations de maltraitances infantiles – génèrent elles aussi un trouble de stress post-traumatique, aux conséquences très sensiblement différentes : le trouble de stress post-traumatique complexe.
Une étude publiée en 2006 a révélé que dans une population d’adolescents ayant subi des traumatismes répétés dans l’enfance, 61 % présentaient un tel traumatisme complexe, alors que seulement 16 % manifestaient un trouble de stress post-traumatique simple.
Beaucoup plus répandu que le traumatisme simple, le traumatisme complexe a d’importantes conséquences sur le développement lorsqu’il se produit dans l’enfance. Il reste pourtant très mal reconnu, ce qui a des implications en matière de prise en charge.
Traumatisme simple ou traumatisme complexe
Le trouble de stress…
Auteur: Cyril Tarquinio, Professeur de psychologie clinique, Université de Lorraine

