Dans la collection « Les Propédeutiques », les Éditions sociales publient régulièrement des ouvrages intitulés « Découvrir ». La structure de ces ouvrages est identique : le ou la responsable choisit des extraits de texte représentatifs, les commente et les faits suivre d’une courte bibliographie. Ces livres, au format poche et à la pagination tournant autour de 200 pages, deviennent ainsi d’utiles introductions à la pensée d’un·e auteur·e, à l’exposition d’une thématique ou d’un moment historique.
En s’attelant à faire découvrir Lukács, Alix Bouffard ne s’est pas simplifié la tâche. D’une part, parce que, comme elle le rappelle, il n’existe pas d’édition scientifique, dans quelque langue que ce soit, des œuvres de Georg Lukács. La seule édition comportant les textes essentiels, en allemand, n’a pas d’appareil critique ; l’édition française est lacunaire. D’autre part, même s’il y a une cohérence dans l’œuvre de Lukács, ses centres d’intérêt sont divers, allant de la philosophie et de l’histoire de la philosophie à la théorie politique et à l’esthétique, en passant par la théorie littéraire.
Malgré ces contraintes, le tour de force est réussi. On peut ainsi suivre dans ce petit ouvrage les principaux moments du développement de la pensée de Lukács et de son action lorsqu’il était membre actif de la direction du Parti communiste hongrois (en gros jusqu’à la fin des années 1920).
Il en ressort que le philosophe d’origine hongroise restera prioritairement comme un penseur du processus :
« […] dans l’ensemble des champs théoriques qu’il investit, Lukács cherche à penser les changements social et historique dans toutes ses dimensions, en montrant que l’instabilité du réel n’empêche ni d’appréhender les grandes transformations sociales passées ou en cours, ni de faire l’expérience de la façon dont la…
Auteur: romain romain

