Redevance PFAS : ​Générations Futures dénonce un dispositif réglementaire taillé sur mesure pour l’industrie

La redevance PFAS, inscrite dans la loi dite « loi Thierry » de 2025, devait enfin faire payer les pollueurs. Les textes d’application mis en consultation jusqu’au 8 mai 2026 révèlent une tout autre réalité : un périmètre d’assujettissement volontairement limité, une liste de substances incomplète, des fréquences de surveillance insuffisantes et des modalités transitoires qui organisent l’impunité financière des plus gros émetteurs jusqu’en 2027. Générations Futures a soumis une contribution détaillée à la consultation publique et demande une révision en profondeur de ces textes.​

Une promesse législative mise à mal par le décret d’application

La redevance pour émissions de PFAS, créée par la loi du 27 février 2025, devait constituer une première traduction concrète du principe pollueur-payeur appliqué aux substances per- et polyfluoroalkylées — ces polluants éternels omniprésents dans les milieux aquatiques, les organismes vivants et les denrées alimentaires. Les textes d’application soumis à consultation publique — un décret et un arrêté — montrent à quel point cet objectif a été dévoyé dans la phase réglementaire.

Générations Futures, qui suit depuis plusieurs années les émissions industrielles de PFAS en France, a participé à cette consultation publique et formule des demandes de révision de ces textes.​

Des émetteurs et des substances laissés hors du champ de la redevance

Le décret limite l’assujettissement aux seules installations classées soumises à autorisation, en reprenant les rubriques d’un arrêté de 2023. De nombreux établissements susceptibles d’émettre des PFAS sont ainsi exemptés de toute redevance. La liste des substances taxables — arrêtée à 28 PFAS — exclut par ailleurs plusieurs composés pourtant identifiés lors des campagnes réglementaires de surveillance : le 8:2 FTSA, dont l’inclusion est recommandée par…

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Auteur: nadine