Redonnons à « La Négresse » son nom basque d’origine


L’univers symbolique premier de l’être, sa saisie et sa vision du monde, est organisé par les noms propres : de personnes, de lieux… Les noms propres sont avant tout des faits de langage.

Il y a des noms de lieux qui sont porteurs d’une mémoire historique, quand bien même leurs significations échappent aux usagers. Parallèlement, et de manière superposée, il y a des lieux qui sont porteurs de noms historiques ou fruits d’une action délibérée de la part d’une autorité politique, la plupart du temps datée, qui marquent – c’est manifeste dans le cas présent – une rupture, un dérèglement des modes de transmission identitaire.

La dénomination du quartier de Biarritz La Négresse éclaire d’une manière limpide ce lien étroit entre pouvoir et langage, intersection à partir de laquelle le pouvoir de nommer façonne l’imaginaire d’une communauté.

Le substrat de la la colonisation

Les oppositions sémantiques révélées par la toponymie sont aussi des oppositions culturelles et sociales, telles deux faces d’une même pièce dont l’une serait synonyme d’appropriation par dénomination positive et l’autre d’exclusion par dénomination négative.

Le marquage linguistique d’un espace constitue un acte d’appropriation où nous pouvons lire les enjeux idéologiques et politique qui déterminent l’acte de nommer.

Il est paradoxal et symptomatique que la substitution de la dénomination de ce quartier de Biarritz, appelé en langue basque Herausta, se fasse en utilisant une terminologie qui symbolise le substrat de la colonisation. L’usage du nom La Négresse aurait été marqué du sceau des troupes de Napoléon de passage dans la cité balnéaire en 1813, suite à leur déroute en Espagne, lesquelles auraient assidûment fréquentés un cabaret du quartier tenu par une femme racisée. Ce…

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Auteur: Egoitz Urrutikoetxea