Il est une confusion tenace, dangereuse, méthodiquement entretenue par une certaine classe politique : celle qui consiste à faire passer la réduction des dépenses publiques pour une politique en soi. Ce n’est pas une politique. Ceux qui prétendent faire de la politique en ne parlant que de réduction des dépenses trahissent l’idée même de politique.
Non seulement ils trahissent, mais ils disqualifient, par leur langage comptable et leur absence de vision, tout ce que la politique revêt de noble, de vital, de porteur d’espérance. Faire de la politique, ce n’est pas faire la chasse aux dépenses publiques comme on traque une anomalie comptable. Faire de la politique, c’est porter un projet de société. C’est penser les besoins collectifs, c’est rêver des utopies concrètes. C’est nommer les injustices, puis mettre les moyens pour les combattre.
Ceux qui nous gouvernent sont les représentants d’une caste
Ce n’est pas non plus obéir aux marchés. Ce n’est pas servir des équilibres budgétaires dictés par la peur ou par les intérêts d’une minorité. La comptabilité n’est qu’un instrument au service d’un projet collectif. Ce projet doit viser à répondre aux besoins réels de la population, non à protéger des équilibres budgétaires conçus comme des dogmes.
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Ceux qui nous gouvernent ne parlent plus de ce qu’il faudrait faire, de ce que la société réclame ou espère, mais de ce qu’il faut couper, rogner, ajuster. L’horizon s’est réduit à un tableau Excel. La politique n’est plus envisagée comme un espace de transformation mais comme un exercice de discipline. Elle se plie aux marchés, aux agences de notation, aux injonctions de croissance, au lieu de…
Auteur: Pierre Jacquemain

