Qu’annoncera-t-il ? Nous voilà presque revenus cinq ans en arrière, en pleine pandémie, quand chaque prise de parole présidentielle, soigneusement orchestrée, nous tenait en haleine et où les spéculations sur ce qu’allait annoncer Emmanuel Macron allaient bon train. Ce mardi soir, le président de la République s’adressera aux Français dans une longue émission sur TF1. Selon de nombreuses sources à l’Élysée, il devrait annoncer la tenue prochaine d’un référendum, dans le prolongement de ses vœux 2025, où il avait déclaré que les Français seraient amenés « à trancher » cette année.
Depuis 2017, l’outil, régi par l’article 11 de la Constitution, est régulièrement agité, sans jamais que le locataire de l’Élysée ne s’y soit risqué. Il y a un an, par exemple, l’idée avait été évoquée après la crise en Kanaky et une répression extrêmement violente. Ces derniers jours, François Bayrou a émis l’idée d’un référendum sur le budget, critiquée de toute part, notamment car celui-ci est une prérogative du Parlement. De son côté, Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur, pousse régulièrement la possibilité d’un référendum sur l’immigration, idée chère à l’extrême droite.
Emmanuel Macron ou César ?
Pourquoi maintenant, alors ? « Il faut noter qu’à chaque fois ce sont des référendums de circonstance. Ce sont des coups politiques pour se relégitimer », explique Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris 8, spécialiste de la démocratie participative. Depuis la dissolution, la crise politique est profonde et Emmanuel Macron, cantonné à ses prérogatives présidentielles, est cornerisé du jeu politique national.
Emmanuel Macron a un rapport de plus en plus césariste à la participation.
G. Gourgues
Un référendum le replacerait au centre du jeu, dans une forme de présidentialisme…
Auteur: Pauline Mussche
