La proposition de référendum formulée par François Bayrou est biaisée et orientée en faveur de la politique d’’austérité souhaitée par le gouvernement. D’emblée, son périmètre serait circonscrit, puisque la limite posée par le Premier ministre dans son interview est de ne pas augmenter les impôts.
Depuis 2018, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de marteler le dogme selon lequel il faut éviter d’augmenter les impôts. Le discours feint de concerner l’ensemble de la population, alors qu’il s’agit en réalité de refuser le rééquilibrage du système fiscal par l’augmentation des impôts sur les plus riches et les plus grandes entreprises, pourtant les principaux bénéficiaires de la politique fiscale engagée fin 2017.
Ces choix se sont avérés inefficaces, comme en témoignent les quatre rapports de France stratégie sur le sujet. Ils ont en outre été particulièrement coûteux : depuis 2017, les mesures prises en faveur des riches et des grandes entreprises ont alourdi la dette publique de 207 milliards d’euros, soit près d’un quart de l’augmentation de la dette sur cette période, comme nous l’avons montré dans notre dernier rapport. A entendre François Bayrou, il faudrait donc que le coût de ces baisses soient payés par les ménages des classes moyennes et pauvres et par les PME.
Il n’est pas sérieusement concevable de prétendre demander l’avis de la population sur un sujet qui, mécaniquement, touche aux recettes et aux dépenses publiques en excluant d’emblée et unilatéralement un des deux grands piliers des finances publiques, les recettes !
La proposition de François Bayrou vise à répondre aux deux principaux défis auquel le pays ferait face : « une production trop faible et une dette écrasante ». Cette présentation est tout sauf neutre : elle oriente le débat en faveur de mesures visant à faire travailler plus et plus longtemps, et s’inscrit dans le contexte…
Auteur: Attac France

