Début septembre, lors d’une promenade en forêt, je trouve au pied d’un grand pin quelques plumes étonnamment colorées, aux reflets bleu-vert et orangés : ce sont celles d’un guêpier (qui a probablement été la proie d’un faucon, dont j’aperçois un peu plus loin une longue plume zébrée), magnifique oiseau migrateur qui quitte l’Europe à la fin de l’été – guêpes et abeilles dont il se nourrit ayant disparu – pour rejoindre l’Afrique en colonie.
Après quelques recherches sur l’espèce, j’apprendrai qu’il s’agit là d’un oiseau nicheur monogame, c’est-à-dire que le mâle adulte, à la saison des amours, se choisit une partenaire pour la vie, après une parade nuptiale (faite de chants et d’offrandes d’insectes notamment) qui s’apparente à une « cérémonie de mariage » – ou de « consentement » – selon les diverses observations qu’on a pu en faire.
En regagnant mon quartier, qui est une terre de football (le grand stade municipal y étant implanté), je salue quelques anciens élèves parmi un groupe d’ultras partis encourager l’équipe locale, chantant en chœur leur soutien indéfectible, « jusqu’à la mort », au club, autant que leur amour sans faille pour la ville. Cette puissante certitude, sans doute renforcée par l’instinct grégaire, a quelque chose de profond, d’émouvant, mais pourquoi une telle dévotion aveugle ?
Ceci m’amène alors à réfléchir à la notion de fidélité. Non seulement dans le domaine des relations humaines, interpersonnelles (être fidèle à l’autre), mais aussi dans le domaine des idées – c’est-à-dire, en quelque sorte, des relations « intrapersonnelles » (être « fidèle à soi-même ») –, étant entendu que chacun de nous est un producteur – ou simple porteur – d’idées, qu’il tient d’un ensemble de facteurs environnementaux (origine sociale, éducation, fréquentations, etc.) et d’expériences…
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Auteur: Rorik DUPUIS VALDER

