Pourquoi ?
La crise du capitalisme, due à des causes sociales et écologiques mêlées, ne permet plus d’espérer une croissance de la productivité du travail importante à l’avenir. Donc, pour éviter une augmentation du poids des pensions dans la richesse monétaire produite, le PIB, le président Macron fait tout pour baisser le montant absolu de chaque pension.
Par quel moyen ? En tablant sur le fait que de moins en moins de travailleurs pourront atteindre une retraite à taux plein après 43 ans de cotisation, parce que leur entrée dans la vie active se fait plus tardivement, parce que la moitié d’entre eux sont déjà hors emploi à 62 ans, parce que beaucoup, notamment les femmes, auront eu des parcours professionnels chaotiques, à cause du chômage ou du temps partiel, et parce que beaucoup de salariés aux bas salaires n’auront connu que cela.
Le travail dégradé
Mais cet acharnement ne se traduit pas uniquement par la régression quantitative, la baisse des pensions. Il se traduit aussi par la négation de la condition au travail, de sa qualité et finalement par la dénaturation de son sens.
Premièrement, patronat et gouvernement répètent à l’envi qu’« il faut travailler plus ». Mais, si vraiment la société devait accomplir une somme de travail supplémentaire, celle-ci pourrait être accomplie par ceux que le marché capitaliste a exclus, les 6 millions de chômeurs en France. Autrement dit, non seulement la réduction du temps de travail individuel est niée en tant que créatrice des emplois, à rebours de deux siècles d’histoire, mais la confusion est totale avec le volume de travail global nécessaire à l’échelle de la société, ce volume devant être apprécié à l’aune de la soutenabilité sociale et écologique de notre mode de vie. Négation du social et négation de l’écologie sont les deux faces de l’impasse capitaliste aujourd’hui.
Deuxièmement, il s’avère que les louanges adressées pendant le confinement aux « premiers de corvée » n’étaient que poudre aux yeux. Le massacre des droits sociaux a repris son cours : de la loi El Khomri pendant le quinquennat précédent aux ordonnances Pénicaud, à l’assurance chômage dégradée et au projet de soumettre au travail presque gratuit les prestataires du RSA pendant celui-ci, le travail continue d’être dégradé, dévalorisé et soumis aux injonctions de « la valeur pour l’actionnaire ».
Tous les témoignages concordent, dont même l’actualité cinématographique s’est saisie. Le film de François Ruffin et…
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Auteur: Jean-Marie Harribey

