Réfugié·es sahraoui·es : un demi-siècle de lutte dans le désert

À 70 ans, il ne reste à Béchir Bouzid, pour tout patrimoine, qu’une simple tente, la khaïma traditionnelle des nomades bédouins du désert où il s’abrite avec sa femme et leurs cinq enfants, dans le campement d’Aousserd. Né au Sahara espagnol, il le fuit quand la guerre éclate, en 1975. Le Front Polisario a pris les armes pour revendiquer la souveraineté du peuple sahraoui sur ce territoire, alors que le colon espagnol l’a abandonné aux convoitises du Maroc et de la Mauritanie. Béchir Bouzid et sa famille, comme nombre de Sahraoui·es de sa génération, se réfugient derrière la proche frontière algérienne, près de la ville de Tindouf. Des tentes s’érigent en plein désert.

Un demi-siècle plus tard, l’exil improvisé s’est durablement ancré dans la roche et les sables ocre. Aujourd’hui, près de 180 000 Sahraoui·es vivent dans cinq campements – Smara, Al Aiun, Dakhla, Aousserd, et Boujdour. Une sixième localité, Shahid El-Hafed (Rabouni), rassemble les principales administrations sahraouies : Alger, soutien constant des luttes d’indépendance en Afrique, a octroyé la gestion des campements à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), État en exil créé le 27 février 1976 par le Front Polisario.

(Source : Lorz Elli / 2021 –  Sources : Sentinel 2 | ALPS  | WSWA.)

En 1991, ce dernier signe un cessez-le-feu avec le Maroc (la Mauritanie avait lâché prise en 1979), figeant la situation sur le terrain contre l’engagement qu’un référendum d’autodétermination décidera de l’avenir du Sahara occidental. Ils sont des milliers, comme la famille Bouzid, à regagner les « territoires libérés », fraction désertique tenue par l’armée sahraouie, à l’est.

La majeure partie du territoire (80 %), où se trouvent les principales ressources (phosphate, pêche), reste occupée par les forces marocaines, retranchées derrière un immense mur de…

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Auteur: Patrick Piro

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