Le 9 mai, à Paris, deux manifestations ont été interdites par la préfecture de police. L’une était organisée par le Comité du 9 mai, un groupuscule d’extrême droite, issu de la mouvance identitaire. L’autre, prévue au Panthéon, était un rassemblement antifasciste en réponse. Les deux ont été jugées « à risque » et donc interdites. Le préfet a voulu équilibrer : interdire les uns, interdire les autres. Les ultras, et ceux qui leur font face. Cette mise sur le même plan est insupportable.
Il ne faut pas laisser ces actes s’installer comme un bruit de fond acceptable.
Car si les groupuscules d’extrême droite sont violents, ce n’est pas par dérapage. C’est leur méthode, leur raison d’être, leur fonction. Et si les antifascistes se mobilisent, c’est pour protéger l’espace public, les libertés, les corps. On ne peut pas renvoyer dos à dos ceux qui veulent intimider, et ceux qui s’organisent pour empêcher l’intimidation. À moins de considérer que la démocratie n’est qu’un décor à surveiller, pas un bien commun à défendre.
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Il faut être lucide : l’ultra-droite reste marginale en France. Elle n’a pas grossi de manière significative depuis vingt ans. Elle est divisée, surveillée, souvent ridicule. La société française, malgré ses tensions, est incomparablement plus apaisée que dans les décennies sombres de l’entre-deux-guerres. Mais ces groupuscules, s’ils sont faibles, ne sont pas inoffensifs. Leur force, c’est l’intimidation ciblée. Une agression à Lyon, une intrusion dans une fac, un défilé masqué dans une rue parisienne — cela suffit à faire du bruit, à effrayer, à faire passer un message : « Nous sommes là…
Auteur: Pablo Pillaud-Vivien

