Regarder un animal se retourner dans sa tombe

La semaine dernière, nous publions les réflexions post-corrida de Louise Chennevière, intitulées Regarder un animal mourir. Sans grande surprise, l’article a suscité de nombreuses réactions, parfois extrêmes, -un lecteur est allé jusqu’à prendre la décision radicale de suspendre sur le champs son abonnement pourtant gratuit au journal. Celle que nous publions ici n’est pas aussi cruelle mais reste néanmoins particulièrement affûtée.

Il y a des textes comme ça qui réussissent le tour de force de vous agacer alors même que vous les appréhendiez avec sympathie et qu’ils abordent un sujet qui est loin d’être votre cheval de bataille.

Dans Regarder un animal mourir, Louise Chennevière, qui ne consomme plus de viande depuis dix ans, relate l’expérience transformatrice qu’elle a vécue en assistant pour la première fois à une corrida, « l’une des plus belles choses qu’[elle ait] vu de [sa] vie ». L’histoire avait de quoi intriguer, d’autant que le chapô annonçait qu’elle bouleverserait nos repères quant à la cruauté, les animaux et la mort. Alors que s’est-il mal passé ?

Probablement la prétention : trop grande par rapport à ce qu’une telle origine pouvait endosser. Cela aurait pu rester le récit d’un paradoxe, d’une déstabilisation personnelle, qui comme tout témoignage bien ficelé aurait livré de lui-même ses enseignements, révélé sa portée générale – que nul d’entre nous n’est un bloc de cohérence où élans sensibles et réflexifs se mêlent harmonieusement, que certaines manifestations collectives, parfois à notre insu, nous happent irrésistiblement, que chacun semble voué à adhérer à une forme de kitsch, pour reprendre la terminologie de Kundera. Ça ou autre chose. Mais visiblement l’autrice avait des ambitions plus audacieuses : rebattre les cartes d’un vieux débat à partir de cette expérience isolée, « radicalement située », qui l’a conduite à…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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