Cet article est publié en collaboration avec Binaire, le blog pour comprendre les enjeux du numérique.
Rémi Ronfard a travaillé plusieurs années au centre Watson d’IBM Research à Yorktown Heights et à la direction de la recherche de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), avant de rejoindre Inria. Il est spécialiste de la modélisation géométrique, d’animation 3D, de vision par ordinateur, et d’informatique théâtrale. Il s’intéresse à la création et mise en scène de mondes virtuels narratifs. Il a fondé et anime les journées d’informatique théâtrale.
Binaire : Peux-tu nous raconter ton parcours, et comment tu t’es intéressé à ce domaine à la frontière de l’informatique et des arts vivants ?
Rémi Ronfard : J’ai suivi des études d’ingénieur à l’École des Mines. Il n’y avait pas d’informatique dans la formation à l’époque. J’ai découvert l’informatique après mes études en réalisant une thèse en télédétection. J’ai commencé alors à me sentir informaticien même si ma thèse tenait surtout du traitement du signal. Pendant 10 ans, j’ai travaillé ensuite pour la R&D dans l’industrie par exemple au centre Watson d’IBM, et à l’INA. Je suis devenu chercheur à Inria à 40 ans. Ce n’est pas un parcours standard !
C’est par hasard que je me suis intéressé au théâtre. En 1996, j’ai rencontré au Medialab du MIT Claudio Pinhanez (de IBM Research, Brésil) inventeur de l’expression Computer theater que je traduis comme « informatique théâtrale ». Son questionnement d’alors : peut-on faire avec l’informatique ce que l’on a fait pour la musique avec l’informatique musicale ? Il décrivait le théâtre comme essentiellement une série d’actions ; cela résonnait bien avec mon domaine de recherche à l’INA sur l’indexation audiovisuelle. Cela me conduisait à la question : comment reconnaître et représenter symboliquement des actions…
Auteur: Rémi Ronfard, Directeur de recherche, Inria

