Règlement retour européen : un glissement autoritaire déjà à l’œuvre à Calais

Le 26 mars 2026, le Parlement européen a adopté le règlement retour. Ce qui s’installe dans l’ombre à Calais depuis 30 ans – rafles, refoulements, détentions arbitraires – s’institutionnalise davantage. Le droit d’asile, conquis dans la douleur de la Seconde Guerre mondiale, prend un coup, encore une fois.

Ce vote est l’aboutissement logique d’une mécanique que nous observons, documentons et dénonçons depuis des années sur un territoire devenu une vitrine politique sécuritaire. Concrètement, voici ce que ce texte prévoit : l’expulsion forcée devient la règle. Des perquisitions sur les lieux de vie seront désormais autorisées – ouvrant la voie des descentes policières dans les squats, les hébergements d’urgence, les campements.

Une décision d’expulsion prononcée dans un État membre vaut désormais dans toute l’Europe.

La durée maximale de rétention administrative passe à 24 mois, contre 5 mois avant. Une décision d’expulsion prononcée dans un État membre vaut désormais dans toute l’Europe – sans réévaluation possible, même des années plus tard, même si la personne a fondé une famille, trouvé un travail, reconstruit une vie.


Sur le même sujet : « Hubs de retour » : la politique migratoire honteuse de l’UE

Le règlement prévoit des « hubs de retour » : bien que le texte soit vague à ce sujet, on peut imaginer des centres de rétention à grande échelle, installés hors du territoire de l’Union Européenne, dans des pays tiers avec lesquels les personnes concernées pourraient n’avoir aucun lien. Une externalisation de l’enfermement sans recours effectif possible, qui vide de son sens la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951, texte fondateur du droit d’asile, rédigé…

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Auteur: Collectif

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