« Le monde souffre d’une épidémie d’homosexualité » : tels sont les propos tenus par l’influenceur d’extrême droite Ismaïl Ouslimani, connu sous le pseudonyme de « Raptor ». Son podcast « 10 000 pas », qu’il anime et qui est diffusé sur plusieurs grandes plateformes de streaming, s’est rapidement imposé au cœur des discussions en février dernier au Sénat. Visé pour des propos sexistes, racistes et homophobes, il fait l’objet d’une instruction de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Pour la présidente de la délégation aux droits des femmes, Dominique Vérien, cette affaire « illustre très concrètement les défis auxquels la régulation est aujourd’hui confrontée » : la circulation massive de contenus clivants, leur accessibilité aux plus jeunes, ainsi que les « limites persistantes des outils juridiques existants lorsque ces contenus ne relèvent pas des formats audiovisuels traditionnellement régulés ». C’est dans ce contexte que la délégation a organisé une table ronde intitulée « Plateformes, haine en ligne : quelle régulation de l’Arcom ? », alors qu’elle conduit parallèlement deux missions d’information : l’une consacrée aux femmes et au jeu vidéo, l’autre à la montée des réseaux et mouvements masculinistes . Devant les sénatrices, Laurence Pécaut-Rivolier a dressé le constat d’une régulation « en construction », à la fois contrainte par…
Auteur: Emma Bador-Fritche

