Selon la World Nuclear Association, la demande mondiale d’uranium va quasiment tripler d’ici à 2040. Mais les principaux pays qui abritent cette ressource, en Asie centrale ou en Afrique, avaient levé le pied à la suite de la baisse du cours de l’uranium provoquée par l’accident de Fukushima (2011). Aujourd’hui, tous ne sont pas en mesure de répondre aux nouveaux besoins de productions. D’autres pays pourraient toutefois émerger et l’investissement dans des procédés moins gourmands en uranium sera également nécessaire. Cet article résume les résultats du récent rapport de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) sur la géopolitique de l’uranium
Dans le flot des décrets signés par Donald Trump dès son retour à la Maison Blanche, « l’état d’urgence énergétique nationale » vise à intensifier l’extraction d’uranium naturel.
Alors que le plan de développement du nucléaire publié par l’administration Biden nécessite 75 000 tonnes d’uranium par an en 2050, les États-Unis n’en produisaient que 193t en 2023.
Washington est loin d’être seul à anticiper cette augmentation. La World Nuclear Association envisage une croissance de la demande mondiale à 180 000 tonnes par an en 2040 contre 65 650 aujourd’hui. La production est déjà insuffisante. En 2023, 75 % des besoins étaient assurés par l’extraction de minerais, le reste provenant de stocks et du retraitement des combustibles nucléaires. La totalité de cette production sert à l’industrie nucléaire civile, la consommation militaire restant marginale.
La ressource ne manque pourtant pas : les réserves techniquement exploitables suffisent à couvrir les besoins mondiaux jusqu’à la fin du siècle. Tandis que la faiblesse des cours de l’uranium après l’accident de Fukushima avait mené à la fermeture de mines, leur flambée de 24$ à 74$ la livre entre 2020 et 2024 alimente aujourd’hui une ruée…
Auteur: Teva Meyer, Maître de conférences en géopolitique et géographie, Université de Haute-Alsace (UHA)

