Mise à jour le 10 avril 2025
Victoire totale pour Siham Touazi. Le jeudi 3 avril, selon l’Humanité, la déléguée syndicale CGT et ex-infirmière à l’Ehpad du château de Neuville-sur-Oise (Val-d’Oise) a été relaxée de la plainte en diffamation déposée par son ex employeur, le groupe Epinomis. Le tribunal de Pontoise a même condamné ce dernier pour procédure abusive.
Première parution le 6 février 2025
Celle qui avait initié une grève inédite de 133 jours avec une dizaine de femmes dans un établissement cossu du Val d’Oise, est visée par une plainte en diffamation par ses anciens employeurs. L’audience de cette « procédure bâillon » était fixée ce jeudi 6 février. Portrait.
Ni piquet de grève, ni syndicat, ni discussions à rallonge avec tout ce que la République compte d’élus, de pouvoirs publics ou de services administratifs, ni interviews avec des journalistes ou interpellation d’Emmanuel Macron, ni audiences aux prud’hommes ou plainte en diffamation : le 25 décembre 2021, Siham Touazi et deux autres collègues de l’Ehpad du Château de Neuville-sur-Oise n’avaient alors aucune idée de ce qui les attendait.
Elles sont dans les toilettes de cet établissement luxueux, privé, détenu par une riche famille de Compiègne. Elles discutent. Se motivent. Puis soudain, l’évidence. « Bon, on va faire la grève alors ? », lance l’une d’elle. « Oui ! », répliquent les deux autres. Une recherche Google jettera les premières bases. Mais aucun algorithme n’aurait pu prévoir un tel combat à venir.
On s’était dit qu’après trois jours, ça allait être réglé.
S. Touazi
Au départ, elles partaient confiantes. « On s’était dit qu’après trois jours, ça allait être réglé », se souvient, sourire en coin, Siham Touazi, dans un café près de l’Ehpad où elle a travaillé pendant douze ans. « On commence à lister tout ce qui…
Auteur: Hugo Boursier

