Caterina Bandini est chercheuse en sociologie, et membre de la rédaction du site Yaani, qui développe des recherches sur les contextes israélo-palestiniens, les rapports coloniaux qui les structurent et les oppressions systémiques des Palestinien·nes. Ses travaux portent sur l’engagement militant et les mouvements sociaux, sur le militantisme religieux et sur les rapports coloniaux en Palestine.
Dans son ouvrage Une cause sacrée. Religion, décolonisation et mobilisations pour la paix en Israël-Palestine, elle analyse des mouvements peu connus qui, à partir d’une approche religieuse, défendent une perspective de « paix » en Palestine. Dans cet entretien, on cherche à comprendre ces approches, aussi bien leurs logiques que leurs angles-morts.
Contretemps – Ton livre évoque les mobilisations religieuses en faveur de la paix en Palestine-Israël. Tu as enquêté pendant plusieurs années aussi bien dans les territoires occupés qu’en Israël pour mettre à jour une réalité peu connue. Peux-tu pour commencer préciser de quels groupes et quels militants tu parles ? Et comment ces groupes s’inscrivent dans une histoire politique du conflit ?
Caterina Bandini – Il me faut d’abord préciser qu’il s’agit d’un espace de mobilisation très hétérogène, composé de groupes et d’individus aux positionnements politiques différents, parfois opposés. L’idée même de « paix », que je reprends comme une catégorie émique, mise en avant par mes enquêtées elles et eux-mêmes, recouvre en réalité des engagements et des visions du futur plurielles, ambivalentes, voire paradoxales. Néanmoins, ma thèse consiste à dire que ces groupes et individus sont reliés par une démarche commune : considérer que si « la religion » fait partie du conflit – tout en…
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