Initialement paru en 2006 dans la revue Radical Philosophy, puis en 2007 au sein de Hollow Land : Israel’s Architecture of Occupation, À travers les murs, de l’architecte et activiste israélien Eyal Weizman, est un texte troublant, explicitant l’abolition des frontières entre espaces publics et privés pratiquée par l’armée israélienne lors de l’opération Rempart en 2002, au moment de la seconde intifada. Consistant en l’infiltration de territoires palestiniens de la Cisjordanie afin d’en éliminer les factions armées, l’opération Rempart représente pour Tsahal l’opportunité de mettre pour la première fois en pratique une stratégie de progression dans les espaces urbains de villes telles que Ramallah, Naplouse, Bethléem ou encore Jénine, en procédant à une réinterprétation des espaces qui s’appuie sur les concepts postmodernes de déconstruction, de déterritorialisation, de disjonction ou encore sur la pratique situationniste de la dérive.
Cette analyse spatiale, invitant les militaire de Tsahal à éviter les rues, les trottoirs, les portes ou les fenêtre des bâtiments compris comme autant d’espaces potentiellement piégés par l’ennemie, consistera dans sa dimension opérationnelle à progresser littéralement à travers les murs des habitations, faisant indistinctement d’une cuisine, d’un salon ou d’une chambre à coucher, le théâtre d’opérations militaires.
Né à Haïfa en 1970, Eyal Weizman passe son diplôme d’architecte à la Architectural Association de Londres en 1998 avant d’entamer un doctorat qu’il soutiendra au London Consortium/Birkbeck College en 2006. Il fonde l’année suivante, aux côtés des architectes Sandi Hilal and Alessandro Petti, le projet de recherche en art intitulé DAAR (pour Decolonizing Architecture Art Research), avant de créer en 2010, l’agence de recherche Forensic Architecture au sein de la Goldsmith University où il enseigne les cultures…
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Auteur: dev

