Alors que le travail est au centre de l’existence de chacun·e et de la reproduction du capital, il fait peu l’objet de propositions dans le champ politique, y compris à gauche. Fort de ce constat, Thomas Coutrot, économiste et membre des Ateliers Travail et Démocratie, résume ici ses enquêtes récentes sur le sens du travail pour arriver à des propositions concernant le contrôle de l’organisation du travail par les travailleur·ses eux et elles-mêmes.
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Dans le rapport capitaliste de production, le contrat d’emploi salarié·e est défini juridiquement par la subordination. Il appartient à l’employeur d’organiser le travail et de diriger les salarié·es dans l’exécution des tâches requises pour valoriser le capital de la société. Les salarié·es n’ont pas à participer aux décisions concernant leur travail, supposé être une pure activité d’exécution. Le principe fondamental du management, c’est « command and control ».
Ce principe structure profondément l’activité quotidienne de millions de salarié·es, via la division des tâches, les procédures, les modes de coordination et de contrôle, les modalités de rémunération… Ce mode de direction du travail a été formalisé au début du XXème siècle par Taylor, et depuis lors il n’a guère changé dans ses fondements. Les évolutions du management dans les années 1990, sous l’influence de la financiarisation des firmes, et sous l‘étiquette générique du lean management, ont même radicalisé ces principes d’organisation, les investisseurs voulant comprendre et anticiper la performance financière de l’entreprise et de chacun de ses maillons pour orienter leurs choix d’investissement. Le déploiement des nouvelles technologies a permis d’implanter des systèmes d’information très réactifs qui dissèquent la performance productive de chaque unité de travail, voire de chaque salarié·e. On peut dire que la soumission…
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