Comment maintenir une activité agricole, et les emplois qui vont avec, sur son territoire ? Le défi est de taille alors que la France perd 10 000 fermes en moyenne chaque année. À Plessé, commune d’environ 5000 habitantes en Loire-Atlantique, au nord de Nantes, élues et citoyennes ont décidé de mettre en place une « politique agricole communale », également appelée PAC – en clin d’œil à la politique agricole commune européenne, qui tend plutôt à faire diminuer le nombre de paysannes en poussant à l’agrandissement. « On parle aussi de Paac pour « politique agricole et alimentaire communale » », précise Chantal Deniaud de CAP 44, une structure qui a accompagné le projet pendant plusieurs années.
Installée depuis quatre ans comme floricultrice, Anne estime que cette volonté politique locale a été « un vrai soutien ». En 2021, la parcelle de cinq hectares qu’elle avait repérée avec son conjoint pour s’installer leur est passée sous le nez, raflée par un concurrent qui a surenchéri. Informée de leurs déboires, la commune de Plessé les a encouragés à engager une demande de préemption auprès de la Safer pour avoir deuxième chance de l’acquérir. « Nous avons obtenu une réponse positive à cette demande, sans aucun doute parce que la commune soutenait notre candidature ». Anne et Tristan sont officiellement installés depuis 2022.
Anne, floricultrice, a installé son activité de culture et de vente de fleurs grâce à la politique agricole communale menée à Plessé.
© Nolwenn Weiler
En cette fin d’hiver 2026, dans son atelier de confection, les bouquets de fleurs séchées s’alignent sur le plan de travail et sur des fils suspendus. Au champ, pour le moment, l’activité est plutôt calme. Mais bientôt, les tulipes « vont débouler » et ce sera parti pour des mois de cueillettes, plantations, semis, désherbage… jusqu’en décembre. Le rythme est soutenu mais…
Auteur: Nolwenn Weiler

