En résumé :
- Tchattez avec un conseiller, un vendeur ou un expert : toute personne qui achète ou cherche des informations sur un produit ou un service vendu ligne peut avoir recours à ces conversations via les sites des grandes marques.
- De l’autre côté de l’écran, Yannick, François, Aurélie ou Thibault ont ainsi conversé avec les clients de Leroy Merlin, Cdiscount, Sephora, Fnac Darty, Boulanger, Intersport ou Dacia.
- Ces centaines de personnes payés pour répondre à ces tchats sont des travailleurs indépendants. Ils sont employés par l’entreprise d’e-commerce française iAdvize qui sous-traite ces tchats en ligne pour de grandes marques, via une plateforme dénommée Ibbü.
- Le fondateur d’ iAdvize, Julien Hervouët, vantait le recours aux humaines, de « vrais experts » dans leur domaine, plutôt que l’IA qui « n’a pas la connaissance profonde d’un vécu personnel ».
- Or, depuis le 30 juin, Yannick a perdu toutes ses missions. « Ça a été violent », témoigne-t-il. « J’ai été dégagé du jour au lendemain », dit aussi François. Pour les « expertes » Ibbü, une conversation était souvent payée 1,50 euro, quelle que soit sa durée, avec parfois une petite commission en cas d’acte d’achat.
- Que s’est-il passé ? Yannick, François, ou Aurélie ont été progressivement remplacés par un « Assistant Shopping IA ». iAdvize entend ainsi remplacer tous ses « expertes » humaines par l’IA d’ici la fin de l’année.
- Leur statut d’indépendant ne leur permet pas d’être protégées face à cet arrêt du travail : pas de droits au chômage, pas d’indemnités de licenciement. Près d’une centaine de travailleurses d’Ibbü ont décidé de s’organiser pour faire valoir leurs droits.
Comme tous les jours, Yannick se connecte sur son tableau de bord virtuel. Des tchats s’ouvrent, il répond aux messages de clientes qui cherchent des conseils sur un site de vente. Il est…
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Auteur: Emma Bougerol
Auteur: Emma Bougerol
