Alors qu’entre 1980 et 2025, 14 640 captages d’eau potable ont été fermés en France, dont 41,6 % en raison de teneurs excessives en nitrates et/ou pesticides, il est urgent de protéger notre ressource en eau. Des « paiements pour services environnementaux » (PSE) permettent d’aider les agriculteurs installés sur les aires d’alimentation de captage de l’eau à supprimer, voire réduire les intrants en les rémunérant pour le service rendu.
Une politique de protection à faible coût pour le consommateur
Avec le soutien de l’agence de l’eau Seine Normandie, la Régie publique Eau de Paris est pionnière en la matière, avec un dispositif effectif depuis 2020 et une centaine d’agriculteurs impliqués, rémunérés à hauteur de 150 à 450 euros par hectare et par an. L’utilisation de pesticides a été réduite de 77 % sur près de 20 000 hectares, ce qui correspond à 55 tonnes de substances actives de pesticides évitées au niveau des zones de captage.
Ailleurs en France, c’est la communauté urbaine Grand Besançon Métropole (GBM) ou la collectivité Eau du Bassin Rennais qui accompagnent les agriculteurs vers des changements de pratiques.
Selon Eau de Paris, la politique de protection des ressources en eau mise en place coûte seulement 4 centimes d’euro au m3 aux consommateurs. « C’est moins d’1 % du prix de l’eau », souligne Dan Lert, président d’Eau de Paris, pour La Relève et La Peste. Un coût bien moindre comparé au coût des traitements qui visent à dépolluer l’eau pour respecter les normes sanitaires avant sa consommation.
Un surcoût élevé engendré par la dépollution de l’eau
Selon un rapport de la mission d’information du Sénat sur la gestion durable de l’eau de 2023, « le coût du traitement est au demeurant au moins trois fois supérieur à celui de la prévention ». La mission d’information plaide ainsi pour « une analyse plus approfondie des substances avant mise…
Auteur: Charlene Catalifaud

