Pelage roux, pas furtifs, grandes oreilles aux aguets, regard curieux. Vous l’avez peut-être déjà croisé car, à la campagne, en banlieue pavillonnaire, et même dans les grandes villes, ce petit canidé sauvage qu’est le renard a très bien su s’adapter à la présence humaine.
Mais, entre conflits territoriaux, incursions chasseresses et débats sur les bénéfices ou inconvénients de sa présence, cette colocation de plus en plus étroite ne se passe pas sans heurts… Alors que le goupil déchaîne les passions, Reporterre a recueilli les témoignages de ses lecteurs et est allé consulter quelques spécialistes afin d’éclairer la discussion.
Le renard est-il aussi rusé que sa réputation le laisse croire ?
« C’est un animal superbe. » On sent les yeux de Martine qui pétillent, derrière les lignes de son courriel de témoignage. Habitante de Charente-Maritime, il lui arrive régulièrement de le croiser par chez elle, tentant d’échapper aux chasseurs. « Parfois il passe derrière eux pendant qu’ils discutent », se réjouit-elle.
D’autres lecteurs de Reporterre constatent sa ruse à leurs dépens. Patrice n’a eu qu’un petit moment d’inattention, l’été dernier, alors qu’il ramassait les cerises, « nos deux poules en liberté autour de nous ». Le temps de remonter ses fruits à la maison, au retour, il ne restait que « des plumes et le renard qui s’enfuit ».
S’il n’est pas forcément pertinent de qualifier le renard d’intelligent ou de rusé, on sait en tout cas qu’il a « une bonne mémoire », explique Jean-Steve Meia, biologiste spécialiste de ce mammifère et auteur d’un guide à son sujet chez Delachaux et Niestlé. « Il est extrêmement performant pour retrouver les endroits où il a dissimulé quelque chose à manger », y écrit-il.
La légende est également alimentée par le fait « qu’il est très furtif », ajoute Carine Gresse, de la Société française…
Auteur: Marie Astier

