Un briefing d’avant match avec l’Équipe de France masculine de football, une partie de tennis improvisée sur les toits, ou encore du saut à l’élastique : les publicités pour les SUV ne manquent pas d’originalité. Pourtant, les stratégies publicitaires autour de ces véhicules tout-terrain de loisir occultent un aspect plus inquiétant selon un rapport du WWF publié le 1er octobre.
L’ONG y alerte sur la pression promotionnelle pour les SUV, dans l’espace publicitaire français. Cette étude estime que les constructeurs automobiles, à l’instar de Renault, concentrent leurs campagnes publicitaires sur ces véhicules, alors qu’ils sont plus lourds mais aussi 20 % plus polluants qu’une voiture classique.
À partir des ventes de véhicules, des dépenses publicitaires des constructeurs automobiles et des temps d’antenne pour l’année 2024, ce rapport estime qu’il y a une « SUV-isation » de l’espace publicitaire.
En moyenne pour l’année 2024, il y avait chaque jour 10h20 de spots publicitaires faisant la promotion des SUV à la télévision. Un temps d’antenne qui a augmenté de trois heures par rapport à 2019 et qui est bien loin des vingt minutes consacrées aux publicités pour les transports en commun. Une « disproportion entre un mode [de transport] qui est polluant, lourd, qui consomme des métaux, et quelque chose qui va dans le sens [de l’écologie] », souligne Jean-Baptiste Crohas, expert en mobilité durable chez WWF.
« L’imaginaire automobile ne se vit plus que par ce type de voiture »
Plus que cela, un autre constat émerge. Malgré la baisse générale des ventes automobiles en France sur les cinq dernières années, la part des SUV dans la publicité des constructeurs automobiles augmente. Alors que les spots dédiés à ces véhicules tout-terrain de loisir représentaient 42 % des investissements publicitaires des constructeurs en 2019, ils atteignent les 57 % en 2024….
Auteur: Nicolas Malarte

