Rencontre du pape avec des victimes d’abus sexuels : si l’Église reconnaît « sa responsabilité systémique », « l’omerta » continue de régner, d’après Arnaud Gallais

 

A Lourdes, dimanche, le pontife a rencontré en privé sept victimes de violences sexuelles.  Sélectionnées par la conférence des évêques de France (CEF), aucune d’entre elles ne devait parler au nom d’une association. Elles devaient représenter les profils de victimes : mineures, majeures, femmes, hommes, proie d’un religieux ou d’un contexte scolaire. Parmi elles : Olivier Mardi, victime de l’abbé Tartu, Jean-Marie Delbos, violé à Bétharram, Bertrand Virieux, agressé par le père Preynat, Véronique Garnier et Jérôme Guillement, eux aussi victimes de prêtres. Deux autres victimes, dont l’une de l’abbé Pierre, ont préféré ne pas communiquer leur identité.

Un mois auparavant, le 5 octobre, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) avait remis aux représentants de la Conférence des évêques de France, et à ceux de la Conférence des religieux et religieuses de France qui l’avaient commandé, un rapport historique. Cette enquête, dirigée par Jean-Marc Sauvé, concluait alors à un phénomène de masse qui aurait touché 330 000 personnes entre 1950 et 2020. Surtout, ils ont indiqué qu’il ne s’agissait pas là de méfaits de quelques individus mais bien d’un système qui avait permis aux prédateurs pédocriminels de prospérer au sein de l’Église.

Une rencontre qui ne fait pas l’unanimité

Ils étaient quatre hommes et trois femmes, reçus peu après 17h30 à la Maison épiscopale…

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Auteur: Chiara Carbonnet