Rendements en chute libre, évaporation record… Le bilan des méga-bassines de l’été 2026

Le bon sens serait de stocker de l’eau en hiver, pour arroser les cultures en été. Défendue par le syndicat agricole majoritaire FNSEA, cette solution technique est relayée par un large bloc politique réunissant l’extrême droite du Rassemblement national, l’extrême droite de la droite de Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy mais aussi la droite et la majorité présidentielle. 

Ensemble, ce bloc politique vient de voter une loi d’urgence facilitant la construction d’ouvrages de stockage de l’eau et limitant le débat démocratique à leur sujet. Alors que l’on vient de vivre un hiver extrêmement pluvieux suivi d’une fin de printemps et d’un été caniculaire, tous crient à l’unisson pour aller encore plus loin afin de s’adapter à la sécheresse qui mine le monde agricole. 

Mais qu’en est-il des dizaines de bassines déjà construites ? Peut-on mesurer leur efficacité et leur utilité dans ce contexte caniculaire ? Comment a été utilisée l’eau de ces réserves depuis le début de l’été ? Entre opacité totale sur le partage de l’eau et évaporation monstre, les chiffres que diffusons pour la première fois montrent une solution loin d’être satisfaisante. 

Guerre de l’eau : où se trouvent les méga-bassines ?

Si on trouve des méga-bassines dans beaucoup de départements, les réserves les plus nombreuses et les plus célèbres se situent dans un vaste triangle allant de La-Roche-sur-Yon à Angoulême et à Poitiers. Ce territoire entoure le marais poitevin et se situe sur plusieurs bassins versants (la Sèvre Niortaise, Mignon, Charente) et plusieurs départements (Vendée, les Deux-Sèvres, la Vienne et la Charente-Maritime). 

Depuis les années 1980, des milliers d’hectares ont été drainés dans et autour du marais poitevin, dans le but d’arroser les cultures céréalières et notamment le maïs. L’assèchement de cette zone humide a été terrible et a…

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Auteur: Thibaut Schepman