La classe politique bourgeoise réformiste et même celle réactionnaire a « honoré » l’acte et la mémoire de Driss mais en invisibilisant volontairement ce contre quoi Driss s’est dressé : une agression raciste, qui reflète les dynamiques et violences sociales qui structurent la société belge. Son meurtrier ne représente pas seulement la haine d’un individu, mais le mépris de toute une société, qui punit chaque jour les communautés racialisées pour leur refus de se taire face à une violence et à une exploitation impitoyables. De même, le courage de Driss n’incarne pas seulement la résistance face à l’action d’un seul homme dans un tram, mais aussi la résistance contre le racisme lui-même.
C’est de cette résistance que nous devons tirer certaines conclusions indispensables.
Le racisme tue, et partout où il ne se heurte pas à une résistance, il menace de tuer à nouveau. De plus, le racisme est structurel, dans la mesure où il s’exprime à travers une division racialisée du travail (par exemple ; dans la construction, la livraison, l’entretien et le travail reproductif), une répartition raciste des ressources (la plus-value produite dans le Sud revient en Europe : le travail humain et les ressources du Sud sont expropriés par le Nord), une sur-exploitation des classes subalternes (les travailleur.ses non-blancs sont sur-exploité.es comparativement aux travailleur.ses blancs, ils et elles subissent des conditions de travail plus pénibles et moins bien rémunérées), une exclusion du marché du travail de personnes racisées (notamment des femmes portant le hijab en Belgique et des personnes exilées), une privation de stabilité administrative et de sécurité sociale (pour les personnes exilées, celles ayant une double nationalité et celles considérées comme « radicalisées » par l’État), un système carcéral fondé sur le colonialisme et l’esclavage, ainsi qu’une hégémonie culturelle…
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