Par son travail, l’autrice Sabrina Abda rappelle la violence et l’impunité du pouvoir colonial français en Algérie. Par sa ténacité, elle a réussi à accéder à des archives que l’administration française bloque ou cache encore trop souvent. Via l’histoire de Nuta Rychter, son arrière-grand-père, l’auteur Charles Duquesnoy raconte la « mise au ban » par Vichy des Juifs naturalisés avant 1940. Grâce aux archives, il retrace le processus désormais connu qui s’abat sur eux : spoliation, arrestation, Drancy, déportation, jusqu’aux « marches de la mort » d’un camp à l’autre.
Ils ont assassiné mon grand-père en 1945, à Guelma, Sabrina Abda, Arcane 17 éditions, coll. « Les invisibles », 156 pages, 14 euros.
Nuta, immigré juif polonais, cordonnier à Paris (1900-1967), Charles Duquesnoy, Arcane 17 éditions, coll. « Les invisibles », 292 pages, 22 euros.
Comment se met-on à écrire son premier livre, à la fois personnellement et historiquement ?
Sabrina Abda : C’est une démarche qui s’impose à un moment donné. Je voulais écrire un livre sur la ville de Guelma, d’où viennent mes ancêtres paternels. Quand j’ai su par mon père, alors que j’étais jeune adulte, que mon grand-père et mes oncles y avaient été fusillés en mai 1945, j’ai commencé à lire tout ce que je trouvais sur ces massacres. Quand mon père est décédé en 2019, il y a eu un déclic vis-à-vis de mon grand-père et de mes origines algériennes.
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Il fallait que je fasse quelque…
Auteur: Olivier Doubre

