Renoncer à l'objectif de 1,5 °C, le débat qui divise les climatologues

Faut-il jeter aux oubliettes l’objectif de limiter le changement climatique à 1,5 °C en 2100, et concentrer nos efforts sur des ambitions plus réalistes et immédiates ? Le débat, loin d’être anodin, agite depuis de nombreuses années la communauté des climatologues.

La plupart des scientifiques savent depuis longtemps qu’il est trop tard pour empêcher le climat de dépasser 1,5 °C de réchauffement global, du fait de l’insuffisance des politiques climatiques. Mais cet échec revêt un caractère un peu plus officiel depuis le 2 septembre, et la publication d’un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) qui acte de ce dépassement à venir.

Pour autant, l’organisme onusien n’abandonne pas l’objectif de 1,5 °C. Fixé depuis 2015 par l’Accord de Paris, il reste l’horizon à atteindre en 2100. Pour y arriver, il s’agirait maintenant de « limiter » et « gérer le dépassement de 1,5 °C », puis de « renverser le changement climatique », selon les termes du rapport, grâce à des technologies permettant d’éliminer et stocker le carbone de l’atmosphère pour refroidir le climat.

Des solutions démesurées

C’est là que les choses se compliquent : revenir à 1,5 °C en 2100 implique nécessairement le recours à ces technologies, regroupées sous l’acronyme CDR (Carbon Dioxide Removal). Or, celles-ci charrient de nombreux problèmes.

Une grande partie de ces CDR consiste à utiliser la capacité de captation du carbone de l’atmosphère par les végétaux et les sols. Notamment en cultivant des plantes puis en les brûlant pour produire de l’énergie, tout en captant le CO2 émis dans l’opération pour le stocker dans le sous-sol (ce sont les Beccs, acronyme anglais pour bioénergie avec captage et stockage du carbone).

D’autres types de technologies fondées sur les plantes existent, mais aucune n’est transposable à l’échelle gigantesque nécessaire pour…

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Auteur: Vincent Lucchese