Combien d’élèves, parmi celles et ceux qui s’apprêtent à rentrer à l’école, risquent d’avoir un accident cette année ? Trop, sans doute. Davantage présentes en milieu de travail, en particulier les élèves en lycées professionnels (560 000) et en apprentissage (un million), les jeunes sont de moins en moins protégées, et confrontées très tôt aux blessures graves, aux humiliations, aux violences et autres risques intolérables.
Le 17 avril 2026, un adolescent de 15 ans est mort au travail. Élève de seconde en lycée professionnel, il était en stage dans une entreprise de BTP et a été écrasé par un chariot élévateur, dans le Gard.
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de cet accident, qui n’est, hélas, pas un cas isolé. En avril, mai et juin 2025 trois mineurs sont morts au travail en France – l’un percuté par un engin de chantier, l’autre écrasé sous une poutre métallique, le roisième heurté par la chute d’une palette. Puis, début juillet 2025, un quatrième est mort noyé dans le plan d’eau de la ferme où il était apprenti, dans le Maine-et-Loire.
Envoyer les jeunes en entreprise, coûte que coûte
Une vive émotion saisit les médias et la classe politique à chacune de ces morts. Mais aucune mesure sérieuse n’est pourtant prise. À l’été 2025, les ministres du Travail et de la Justice ont bien envoyé des instructions aux procureurs pour la lutte contre les accidents du travail. Mais rien n’y était spécifié sur la situation particulière des adolescentes en stage ou en apprentissage.
Cette année, à la suite de l’accident du 17 avril, les ministres du Travail et de l’Éducation nationale ont annoncé le lancement d’une mission flash pour « renforcer les conditions de sécurité » des stages en entreprise des élèves de troisième et de seconde. Cela fait pourtant des années que le monde de l’éducation alerte sur les risques croissants…
Auteur: Nolwenn Weiler
