Réparations palestiniennes

Il y a quelques semaines, j’ai découvert l’article de Samir Harb et Emilio Distretti, « The Exhausted » (« L’Épuisé » ou « Les Épuisés »), publié en décembre 2025 dans la série Palestinian Repairs (Réparations palestiniennes) de la revue e-flux Architecture. La force et la troublante beauté de ce texte m’ont d’abord laissé sans voix. Dans la foulée, j’ai lu et relu les autres articles de la série. Abordant la question de la réparation en Palestine par le biais de l’architecture et de l’histoire environnementale, ces textes écrits depuis la Palestine et l’exil esquissent une pensée collective puissante de ce qui a lieu à Gaza et en Cisjordanie. Pour inviter et introduire à leur lecture, je propose d’en expliciter ici quelques enjeux, en partant de l’article de Harb & Distretti.

­« Or, c’est un geste très dialectique de recourir à cette forme archaïque du commentaire, qui est en même temps une forme autoritaire, pour rendre hommage à une poésie qui, non seulement n’a rien d’archaïque, mais encore tient tête à ce qui aujourd’hui fait autorité. »
Walter Benjamin, Commentaire de quelques poèmes de Brecht

La formule qui donne son titre au texte de Harb & Distretti , « The Exhausted », est aussi celle qui a été choisie pour la traduction anglaise d’un des derniers textes de Deleuze, L’Épuisé (1992), consacré à l’œuvre tardive de Beckett. Deleuze y distingue la catégorie de l’épuisé de celle du fatigué. La singularité de l’épuisé tient à une condition où ce n’est plus seulement le réel qui fait défaut, ou est conduit à une forme de tarissement, mais le possible : « Le fatigué ne peut plus réaliser, mais l’épuisé ne peut plus possibiliser. » Le motif d’un tarissement, d’une destruction ou d’un effritement du possible traverse l’article de Harb & Distretti comme les autres articles de la série. Il permet de situer exactement le lieu…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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