À l’heure où la question énergétique monte dans le débat public, tant d’un point de vue économique qu’écologique, repenser notre mobilité s’avère de plus en plus urgent. Construite autour d’un modèle productiviste et individualiste, notre façon de nous déplacer engendre en effet de nombreux problèmes de société qui ne pourront pas être ignorés éternellement.
Basée sur une dépendance à la voiture, et de facto au pétrole, la mobilité, telle qu’elle est imaginée dans nos civilisations, occasionne une saturation et une pollution dans les centres urbains. Le facteur économique provoque aussi des inégalités dans la capacité de circulation, en particulier dans les zones rurales.
Autant de questions difficilement conciliables avec une organisation saine et surtout un écosystème compatible avec la survie de notre espèce.
Des racines anciennes
Si la mobilité était bien entendu plus réduite avant l’ère industrielle, ce bouleversement dans l’Histoire a profondément changé nos sociétés. La part prise par le déplacement personnel aujourd’hui était, cependant, loin d’être la norme à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Ainsi, à cette époque, les centres urbains étaient encore largement structurés par les métros et les tramways. À échelle plus importante, le réseau ferroviaire se développait aussi à grande vitesse.
Mais, dans l’entre-deux-guerres, l’avènement de la voiture individuelle va mettre un grand coup d’arrêt à ce système collectif. La production industrielle de masse, notamment avec le fordisme, va tout faire pour ériger la voiture comme un bien nécessaire. Avant de revenir à la mode, le tramway a alors été méthodiquement démantelé sous l’impulsion des lobbies automobiles qui lui taille une sale réputation.
Une manne économique considérable
Aux États-Unis, des…
Auteur: Simon Verdiere

