« Avoir plus de bébés de souche européenne », tel est le « domaine d’action prioritaire en France » de Pierre-Édouard Stérin. Il l’expliquait le 11 juin 2025 lors de la conférence « Agir en chrétien pour le bien commun ».
Est-ce pour cela que le milliardaire d’extrême droite a versé, en 2021, via son gala de charité annuel la Nuit du bien commun, 111 000 euros à l’association FertilityCare ? Renommée Napro France en 2024, elle était en 2025 toujours accompagnée par le Fonds du bien commun, autre fonds de dotation de Pierre-Édouard Stérin servant à financer des associations catholiques réactionnaires.
Son but ? Promouvoir la « naprotechnologie » (de « natural procreative technology »), une méthode censée restaurer la fertilité qui se présente comme une alternative à la procréation médicalement assistée (PMA). Ses promotrices insistent sur l’aspect « naturel » de la méthode pour attirer les couples en mal d’enfant. Elles vantent moins le fait que cette méthode a avant tout été créée pour répondre au rejet de la PMA par l’Église… et que son efficacité n’a été validée que par une poignée de médecins déjà acquis à cette méthode.
L’obsession de la natalité est un incontournable de l’extrême droite. Elle permet de conjuguer le sexisme, via l’emprise sur le corps des femmes et la promotion de la famille nucléaire hétérosexuelle, et le racisme, car la natalité est un moyen de contrer le « grand remplacement ». Pierre-Édouard Stérin n’est d’ailleurs pas le seul milliardaire à mener cette bataille : comme lui, Vincent Bolloré mène un combat contre les femmes en utilisant la force de ses médias.
Contactée, Napro France n’a pas répondu aux sollicitations de Reporterre.
Une méthode anti-PMA qui ne dit pas son nom
Créée en 2016, l’association regroupe aujourd’hui 89 instructrices et 16 médecins formées à la…
Auteur: Elsa Sabado, Simon Mauvieux

